Mardi 24 février 2009
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18:53
Ajourd'hui,
je suis à Londres, comme tous les jours depuis maintenant deux semaines. En sortant du travail, comme tous les jours, je traverse la zone
industrielle à pieds pour rejoindre la station de métro qui me permettra de rallier mon QG du moment. Il faisait gris, un ciel qui semblait lourd comme du plomb et qui dardait sa lumière sombre sur
cet endroit de la Terre. Mais étrangement, j'ai eu la sensation de ne plus être sur Terre. Je me suis sentie comme prisonnière d'un immense bocal, enfermée, vouée à rester ici pour toujours. Comme
un poisson. Comme dans un grand, très grand aquarium, la même diversité, la même excentricité et en même temps la même banalité. Et on a beau aller toujours plus en avant, on ne dépasse jamais les
limites géographique de cet endroit sans fin et pourtant fermé.
Londres, une cité qui a fait rêver des générations entières, une ville où tout le monde rêve d'aller de par le monde, la grande métropole cosmopolite où tout existe et tout est permis. Londres, la
ville du métro, la ville des grands magasins, la ville de la musique, la ville des artistes et des hommes politiques.
J'en ai rêvé longtemps de cette Londres. Maintenant m'y voilà. Et au lieu de ressentir une libération ou un renouveau, je ne sens que cette impression de captivité. Le métro, qui vous emmène ou
vous voulez, mais jamais au delà des limites. Le ciel, qui toujours se referme. Les rues, à qui succèdent toujours d'autres rues. Les magasins, remplacés au fil des bâtiments par d'autres magasins.
Des bus, des gens, des voitures... Tout bouge et pourtant rien ne change. La ville de dort pas. Elle ne se repose jamais. Elle reproduit, heure après heure, jour après jour la même danse effrénée.
Je fais partie du ballet...
Par Ryn Phaenn-Soie
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Dimanche 21 décembre 2008
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16:36
Et si en fait, rien n'avait de sens? Et si rien n'avait de valeur? Et si, en fait, tout était réellement vain et
inutile? Impossible... Pas tant que ça.
Il y a des jours où tout nous sourit, où tout semble beau, bien, et exister pour être fait. Il y a des jours aussi, où finalement, on se dit qu'à quoi bon vivre, puisqu'il faudra mourrir.
C'est vrai, pourquoi se donner la peine de vivre, de souffrir, d'être malheureux, malade, diminué si au final, tous autant que nous sommes, à nous croire (ou pas) au sommet de la chaîne alimentaire
et même au sommet de l'Etre avec un grand E, nous sommes voués de par notre nature mortelle à revenir au néant d'où nous venons?
Certains bien pensant nous répondront que les quelques instants de bonheur que nous vivons valent bien tout le malheur du monde... Mais il y a également ceux qui ne sont pas dupes de ce genre de
boniments et qui répondent à cette vision plus qu'utopique de la condition d'être vivant que de toute façon, "c'est inutile". Et c'est vrai, que c'est inutile.
A quoi bon avoir une famille, puisqu'elle ne vit que pour nous déchirer?
A quoi bon avoir des ambitions, puisqu'elles ne seront pas réalisées, ou seulement éphémères?
A quoi bon rêver, puisqu'on finit toujours par se réveiller?
A quoi bon avoir des convictions, puisqu'on ne sera jamais assez pour les faire naître au grand jour?
A quoi bon aimer, puisqu'on sera forcément abandonné un "beau" matin?
A quoi bon s'engager dans quelque chose, puisqu'un engagement n'est rien qu'une sangsue qui nous vide du peu de bon qui nous anime?
A quoi bon faire des études, puisqu'il n'y a plus de travail pour personne?
A quoi bon marcher debout, puisqu'il faudra tomber?
A quoi bon gagner de l'argent, on va devoir le rendre.
A quoi bon essayer d'être heureux, le malheur nous rattrappera.
A quoi bon réfléchir, tout le monde s'en fout.
A quoi bon être triste, le monde tourne rond sans nous.
A quoi bon...
Tout le monde s'en fout, ça n'a aucune importance. Vain... Inutile...
Mais aucun cri ne pourra jamais dire la déchirure qu'une telle indifférence peut produire... Aucun hurlement ne pourra jamais être assez explicite pour donner à comprendre la douleur du vain...
Pourquoi sortirais-je encore de chez moi... Je vais devoir y retourner...
Par Ryn Phaenn-Soie
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Dimanche 23 novembre 2008
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17:28
Des larmes écarlates glissent sur un miroir brisé
Et des hurlements retentissent de profondeurs oubliées
Les griffes du mal franchissent les remparts peu protégés
Que mon âme en l'abysse eût tant de mal à ériger
Finalement atteint, finalement touché, le verre si poli aux images-reflets
Rien de bien, rien de vrai, n'aurait pu dans l'hiver subsister
Si vain de résister à cette faim qui tout fait succomber
Plus rien ne peut désormais de la mort l'Otage préserver
Douleur éclatante, mal insensé
Dont aucun héros les mâchoires ne saura desserrer
Aucun roi chrétien n'ira dans cette croisade guerroyer
Aucun Prince Charmant n'en voudra la princesse sauver
Chute libre dans l'infini du sombre
Funambule qui choit dans un vide sans filet
Soleil anihilé dans une ombre
Coeur bafoué par le froid dévoré
L'espoir même de la vie
Par les fissures s'est évadé
Par Ryn Phaenn-Soie
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Lundi 29 septembre 2008
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20:28
"Bck!" comme on dit en geek; je suis de retour! Après une longue absence de devant le petit écran, je reviens me
triturer les méninges en direct live (n'allez pas vous imaginer que j'avais cessé de penser!) et vous faire profiter de ma si belle maladie qu'on appelle "folie" (et qui, soit dit en
passant, ne s'est toujours pas arrangée).
Mais qu'en est-il de mes nouvelles élucubrations? je me pose la question moi-même. Je vous avouerais que je ne sais pas trop où j'en suis du fil de mes questionnements, si vains ou partiellement
fondés puissent-ils être. Tout ce que je sais dans l'état actuel des choses, c'est que la vie est vraiment pleine de surprises, pas forcément bonnes bien entendu, et que du coup je suis bien
heureuse d'aimer les surprises et le changement.
Nouvelle fin, nouveau début, et voilà la machine est une fois de plus relancée; tant mieux me direz-vous, ce serait plutôt inquiétant si elle ne se relançait plus... Ce serait LA FIN, la vraie,
celle dont on ne revient pas, celle qui fait perdre son sens à tant de choses qui n'existent que par notre esprit et seulement pour nous... Enfin bref, on n'en est pas là, pas encore à tout le
moins, et tant mieux!
Start: départ sur de bonnes bases, idées, projets, ressources basiques, joie.
What's going on: petites perturbations météorologiques, petites frayeurs mais redressement de la barre, suivi du plan,élaboration de celui ci.
The end: on en est pas encore là, et espérons qu'elle se tienne à carreaux.
L'ordre des choses est une machine bien huilée. Il m'a fait comprendre l'importance de quantité de faits et d'idées, de quantité d'actes avortés ou menés à bien. L'ordre des choses, c'est la vie
qui, malgré tout le mal qu'on peut en dire ou en penser, parfois ou souvent, finalement est vraiment bien conçue. L'ordre des choses, pour qui arrive à le comprendre et à en extraire la parfaite
logique, est une science absolue et indéniablement bénéfique, qui offre un enseignement essentiel à chaque instant. Je suis heureuse d'avoir vécu, parce que tout ce que j'ai vécu auparavant me
rend apte à saisir la beauté de ce qui est, de ce qui pourrait être, de ce qui était...
Par Ryn Phaenn-Soie
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Samedi 7 juin 2008
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12:00
Il y a certes beaucoup de nuages, de pluie, de sale temps. Mais le soleil brille quand même.
J'ai creusé des tombes et enterré quelques cadavres. J'ai passé le balai devant ma porte et sorti les poubelles. Je me suis assise face à mon miroir et ai troqué air morne contre sourire et regard
pétillant. J'ai vidé ma garde robe de toute la tristesse et de tout le désespoir qu'elle renfermait.
J'ai ressorti mes pinceaux et mes crayons, et chaque jour m'exerce à tout embellir. Le gris sale des mois passés est remplacé par des tons pastels et des couleurs éclatantes. Peintures de jour et
de nuit sont chaque fois plus gaies et plus profondes.
J'ai fermé mes volets à l'ouest et ai rouvert mes fenêtres orientées à l'est pour tout le jour n'avoir que l'ascension du soleil à contempler. Mes oiseaux chantent toute la journée. La douce
chaleur de l'été a tout envahi et mon jardin refleurit.
Une renaissance est toujours belle à voir, davantage à vivre.
Par Ryn Phaenn-Soie
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Vendredi 6 juin 2008
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15:10
C'est marrant, y'a des choses qui me dépassent.
Je ne comprends pas comment des gens qui sont carrément l'exact opposé pour certaines choses peuvent être sur la même longueur d'onde pour certaines autres.
Je ne comprends pas comment des gens qui n'ont rien à se dire font pour passer du temps ensemble et aimer ça. Je ne comprends pas comment deux personnes qui s'aiment un jour peuvent devenir
totalement indifférentes l'une à l'autre du jour au lendemain.
Je ne comprends pas pourquoi les gens ont toujours besoin de déchirer les autres et de leur faire du mal.
Je ne comprends pas l'interêt de la vie en société aujourd'hui, car elle ne repose que sur hypocrisie, mensonge et profit.
Je ne comprends pas les gens qui font semblant, qui se font passer pour ce qu'ils ne sont pas.
Je ne comprends pas les gens qui ne croient en rien et qui ne savent pas aimer autre chose que l'argent et eux même.
Je ne comprends pas les gens qui ont peur d'essayer au point de ne pas essayer ou de dire qu'ils ne s'intéressent pas à telle ou telle chose.
Je ne comprends pas pourquoi un couple qui se déchire et ne s'aime pas persiste malgré tout.
Je ne comprends pas la superficialité du monde et de la conception des relations humaines.
Je ne comprends pas l'omniprésence des demies-mesures...
Je crois qu'en fait, je ne comprends pas les gens.
Ce qui me perturbe le plus en fait, c'est cette impression que j'ai que très peu de monde accorde de l'importance aux relations humaines, amicales ou amoureuses. Quel est ce besoin si
profondément marqué de ne jamais s'attacher, de ne jamais s'ouvrir, de ne jamais aimer? Tous les jours, je croise des gens qui ont des "dizaines d'amis", qui ont une vie sociale relativement
importante (en taille); ces gens là passent des heures au téléphone à raconter leur vie à d'autres gens comme eux qui s'en fichent mais qui eux aussi s'ennuient; ces gens là appellent "ami" toute
personne capable de les écouter plus d'un quart d'heure d'affilée parler d'eux même et qu'ils voient épisodiquement pour boire ou fumer et raconter leur vie.
Et puis il y a des gens qui sont plus souvent seuls que mal accompagnés, qui estiment leur entourage et vivent avec lui et pas seulement "à côté". Des gens qui ne craignent pas
d'apprécier sincèrement d'autres personnes, si différentes et imparfaites soient-elles. Des gens qui ne craignent pas de donner le meilleur d'eux même, qui prennent du plaisir à en donner et à en
partager. Des gens qui ne sont pas creux.
Si seulement les gens creux pouvaient rester entre eux et laisser les autres en dehors de leur vide...
Par Ryn Phaenn-Soie
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Jeudi 5 juin 2008
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14:18
Noir et blanc, est-ce que cela donne toujours du gris? Ou du noir tâché de blanc? Du blanc tâché de noir? Un peu tout à la fois? Puisque
la dichotomie est rarement possible lorsqu'on passe de la théorie à la pratique, c'est sûrement une des deux dernières solutions...
Le temps a passé, la vie a avancé, les choses ont changé... Mais CA demeure, c'est toujours là, et ça ne fait que varier en intensité... Je ne peux toujours pas décider de quel côté je me situe...
Mes caractéristiques physiques me crient toujours la même identité, mais qu'en est-il de ce qui se trouve à l'intérieur? Je ne fais malheureusement qu'osciller entre une rive et l'autre... Sans
doute la vie n'a toujours pas fini de former cette part de moi... Restera-t-elle toujours inachevée? "L'avenir nous le dira"... Ok, je serais patiente.
La réflexion était autrefois le seul paramètre (ou presque) d'oscillation entre "noir & blanc". J'ai le sentiment qu'un nouveau paramètre entre en jeu, ou qu'une partie de moi qui jusque là
était latente commence à s'éveiller... Toujours ouverte, ou curieuse, ou les deux, je n'ai jamais repoussé aucune facette de ma personnalité. Je ne repousserais pas cela. Mais de quoi s'agit-il?
D'un sentiment concret, ou d'une simple curiostié, d'un intêret seulement très développé pour un monde qui m'intrigue? Une question de plus qui n'aura pas de réponse immédiate... Ma vie sera
peut-être plus compliquée que je ne l'avais envisagé... Pourquoi pas, "ça peut être fun"! "L'avenir nous le dira"... Pour ça aussi je serais patiente.
I feel so pleased that life makes me stronger and better every second on my way "back home"...
Par Ryn Phaenn-Soie
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Mercredi 4 juin 2008
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09:43
Et on recommence.
La vie est une succession de fins et de débuts. Sans blague...
Mais c'est vrai après tout, quel autre choix a-t-on quand on a touché le fond, à part celui de remonter vers la surface? Certes, on peut rester au fond, mais dans ce cas, quel interêt a donc la
vie? Autant en finir de suite...
J'ai décidé que je n'étais pas assez courageuse pour en finir, ou que j'aimais trop la vie (ou juste la mienne je sais pas trop) pour m'en défaire là-maintenant-de suite. Donc, je continue. Et je
remonte; la lumière s'intensifie toujours plus, je vois de nouveau les poissons nager tranquillement autour de moi, j'aperçois même l'ombre d'un bateau qui passe au dessus de moi. Mais voilà, je
remonte, et quand j'aurais atteint la surface, combien de temps me faudra-t-il pour sombrer à nouveau, épuisée par mes efforts ou tout simplement par ceux des autres pour me couler? Quand on est au
fond, tout le monde s'en fiche, surtout les jaloux, parce que quand on a rien, on ne peut pas être envié. Mais quand on remonte, on doit créer, et là, la méchanceté d'autrui prend toute son
ampleur. Je voudrais pouvoir dire: "j'ai peur". Mais ce serait mentir... Donc, pas de rime. Flûte. Je remonte, et je vois déjà les nuées de piranhas me jeter un regard noir, attendant que je
devienne plus consistante pour me foncer dessus et me mettre en pièces...
Mais je suis naze. Franchement c'est vrai, je suis naze. Sûrement pas pour ce que tout un chacun pourrait penser. Il n'en demeure pas moins que c'est un fait...
Ne faut-il donc pas être un véritable demeuré pour se brûler à un feu de cheminée et y remettre la main? Ne faut-il pas être complètement stupide pour se casser un bras et recommencer à l'utiliser
comme s'il n'avait jamais été brisé? Quelle folie obsessionnelle pousse l'être humain de manière générale à toujours recommencer, surtout ce qu'il a échoué? Sachant qu'il n'a aucune chance de
succès? Un des grands mystères de la création sans doute...
On crée, on voit son oeuvre détruite, on la pleure et on recommence. Et on recommence... Sans grande conviction au début et puis finalement, comme "l'appétit vient en mangeant", la ferveur vient
en priant (et la fièvre en étant malade) et on se retrouve à défendre des choses alors qu'on avait juré ses grands dieux que jamais plus non non non on ne nous y reprendrait. Je suis triste de
le constater, je ne déroge pas à la règle... Me prendre des mandales phénoménales ne m'empêche apparement pas de retourner piétiner les géraniums de mère-grand... "Un Mars et ça repart", le type
qui a trouvé le slogan n'a pas dû y réfléchir très longtemps...
Bref, nous y voilà, je vais pouvoir dire: "prenez les paris, dites moi quand je me vautrerais de nouveau".
Ce serait cool que ce soit pas pour tout de suite...
Par Ryn Phaenn-Soie
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Dimanche 18 mai 2008
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12:08
"Sale tête toi aujourd'hui. Qu'est ce qui t'arrive cette fois? Ou plutôt, t'arrive-t-il quelque chose ou est-ce l'absence d'action dans ton existence qui te
met dans cet état? ... Moui, je vois... C'est rien qu'une petite nazéïte passagère ne t'inquiètes pas vas, ça va passer.
"Bon, je te l'accorde, tu as la poisse en ce moment. Tu as même vraiment la poisse. Oui, je sais, je pourrais m'abstenir de ce genre de remarques qui ne donnent pas forcément le sourire; mais en
même temps, je ne vais pas te mentir non plus. Sinon, je ne servirais vraiment plus à rien. Donc tu as LA poisse, mais d'un autre côté, rends toi compte que ta poisse n'est que partielle. Tu as
sûrement déjà remarqué que tu entrais, ou plutôt que tu étais, dans une période de transition. C'est jamais facile ce genre de passages, mais tu y es habituée. Et puis, tu sais aussi bien que moi
que ça ne peut qu'être positif. En plus, je trouve que tu affrontes avec pas mal de classe. Bon, OK, classe c'est peut-être un peu fort. Mais je t'assure que j'étais à des lieues de penser que tu
étais capable de passer ces épreuves avec autant de facilité. On dirait presque que ce n'est qu'une histoire de formalités, qu'on t'as briffée avant de te lancer dans la ronde.
"Mais parlons un peu de tous ces changements. Tu me dis que tu les as constatés, et que ça te faisait plaisir, alors pourquoi est-ce que ça ne te donne pas le sourire? Mmmh... Tu sais où tu devrais
te le mettre ton perfectionnisme de temps en temps? Certes, ça fait avancer dans certains cas, mais je ne sais pas si c'est un moteur réel pour toi. Ta guérison n'est pas encore assez avancée pour
ça. Toi ce qui te fait avancer pour le moment c'est plutôt de te vautrer lamentablement. C'est assez dommage quelque part d'ailleurs d'être obligée de descendre aussi bas pour pouvoir remonter. Tu
te fatigues en reparcourant toujours les mêmes distances avant d'enfin ajouter un nouveau morceau de chemin. M'enfin tu me diras, peut-être cette fois ci l'apprentissage t'aura fait retenir ça
aussi. On verra bien quand l'occasion se présentera, si tu nous montres un peu plus de sagesse dans tes pensées, dans tes actes et dans tes mots. En tout cas, saches que ça me ferait plaisir.
Vraiment plaisir. Ben tiens, bien sûr que c'est vrai. Je te signale quand même que c'est l'un de mes objectifs dans l'existence que de te voir épanouie et réagir avec intelligence.
"Soit dit en passant, je suis aussi contente de voir que tu continues tes efforts au quotidien et que même si parfois c'est dur et que tu perds un peu d'ardeur, tu t'accroches au moins un minimum
et que tu ne te décourages jamais vraiment. C'est une bonne chose aussi que retrouves ta nature optimiste et que tu aies de nouveau foi en quelque chose. Oui oui je sais, la foi ça va, ça vient...
Mais tu sais, je suis pas certaine que quel croyant que ce soit, que ce soit en un dieu quelconque ou autre chose, soit investi de sa foi brûlante tous les jours 24h/24. T'as pas une station
service dans le coeur ou la tête, tu es juste un petit animal avec les aléas naturels indissociables de ta nature. Et c'est tellement plus joli comme ça... Tu crois pas?
"Je t'ai déjà dit que tu es un élément de fierté de mon existence?"
Par Ryn Phaenn-Soie
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Publié dans : Gegenüber von dem Spiegel
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Dimanche 18 mai 2008
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11:31
"Se sentir naze" est un sentiment humain généralement très répandu dans la catégorie sociale adolescente, mais qui continue de sévir chez
bon nombre d'individus le cap de l'âge ingrat franchi.
"Se sentir naze" est une sensation communément désagréable et peu recherchée, hormis par certains cas pathologiques de gravité moyenne à très élevée.
Cet état de dégout plus ou moins prononcé de soi et de découragement, peut-être suscité par la conscience que l'individu a de sa propre médiocrité ou par la simple constatation du brio des autres,
qui le renvoit à considérer son incompétence par comparaison.
Un sujet ayant des "nazéïtes" chroniques est difficilement guérissable; l'acupunture déclare forfait, la chirurgie n'est d'aucun secours et les meilleurs psy s'y cassent les dents. Alors me
direz-vous, si aucune forme de médecine moderne ne peut venir à bout de cette grave affection, elle est impossible à guérir. Détrompez-vous braves gens, "se sentir naze" n'est pas une fatalité!
C'est une maladie née de notre siècle et qui de fait peut-être soignée comme les autres maux de l'époque actuelle: créée par l'entourage du malade et entretenue par lui, il est le seul à détenir le
remède qui l'arrachera aux griffes du mal qui le torture.
On recommande dans la plupart des cas un support psychologique extérieur positif, qui permettra au malade d'effectuer son autocure plus aisément et dans des délais moindres; cependant, l'absence de
cette aide extérieure peut aussi être une satisfaction personnelle supplémentaire pour le malade guéri et sera un médicament supplémentaire et sur le long terme.
Si vous aussi vous "vous sentez naze", ne rejoignez pas d'association pour déprimés en tout genre, n'allez pas voir un psy, n'en parlez pas à vos amis, ne faites pas de tentative de suicide,
n'essayez pas de vous améliorer ou de ne plus vous comparer aux autres. Réalisez juste qu'"être naze", c'est pas comme fumer: ça ne tue pas.
Par Ryn Phaenn-Soie
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Publié dans : Chroniccipicus Atypicus
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